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"Xan de l'ours" est un livre militant. Un livre qui au travers d'une histoire et d'une légende, distille un message d'amour de la nature sauvage (et donc de l'ours, qui en fait partie intégrante), et d'amour et de tolérance entre êtres humains.
On est loin du message chrétien et manichéen. Marc Large est un humaniste, et un écologiste. C'est un fait évident à la lecture du livre.

Je viens de terminer la lecture (en un temps record) du nouveau livre de Marc Large, « Xan de l’ours, la légende de l’homme sauvage ». Un magnifique petit roman qui mèle légendaire basque, naturalisme poétique, policier, et fantastique. Personne n’aura décrit de meilleure manière les raisons pour lesquelles je me sens chez moi en Soule, un peu comme lorsque j’étais dans l’utérus de ma mère, en fait !

C’est amusant. Il y a quelques années, j’avais entamé des recherches bibliographiques sur les Basajaunak. Je voulais faire une sorte de reportage « à la poursuite du demi-dieu basque à poil et tout poilu », cherchant une explication logique (voire scientifique) à la légende, tout en faisant un rapprochement évident avec l’ours. Je n’avais parlé de ce projet qui me tenait à cœur qu’à Allande Etxart. Mais finalement, j’ai laissé tomber le sujet pour me consacrer à d’autres, que j’ai jugé plus importants sur le moment. Je suis heureux de voir que quelqu’un aura été au bout de cette idée, et avec une telle maestria !

Sainte Engrâce et Larrau, c’est probablement les deux villages de haute-Soule que je connais le moins (avec Etchebar, où je n’ai encore jamais mis les pieds !), certainement parce que c’est loin (Foin de mauvaise foi : c’est surtout parce que j’ai la flemme d’y aller…) ; mais après avoir lu « Xan de l’ours », j’ai envie de découvrir le canyon d’Ehüjarre, d’arpenter les crêtes de Xardekagagne, d’admirer la cascade de Pista, d’aller m’enfoncer profondément dans la forêt, afin de goûter encore à cette étrange sensation de liberté et de sauvagerie qui m'étreint à chaque fois que je me promène en solitaire dans les Arbailles. Rien de tel pour se ressourcer, retrouver l’inspiration, et les raisons fondamentales pour lesquelles on lutte, pour lesquelles on vit.

Mon pote Lurbeltz, après Camou, va falloir qu’on s’organise quelques expéditions en famille (ou en solitaire), histoire de revenir à l’essentiel, prendre du recul sur tous ces évènements de ouf que nous subissons de tous les côtés ces derniers temps…

En tout cas, merci Marc, pour ce roman qui vient d’entrer dans mon palmarès personnel des 5 livres qui m’ont marqué à vif, et pour le restant de mes jours. Je le conseille à tous ceux qui aiment la Soule…

L'homme sauvage, par Etienne H. Boyer, journaliste.