Xan de l'Ours

Le blog consacré au roman de Marc Large : " Xan de l'Ours, la légende de l'homme sauvage " préfacé par le chanteur Renaud, aux Editions Cairn.

11 mai 2008

Sud-Ouest Béarn Soule du 10 05 08

Le Landais Marc Large écrit son premier roman ancré dans la Soule, « Xan de l'ours ». Un roman surprenant et envoûtant.

La légende de l'homme sauvage 

:M. E.-C 

«La Soule est pour moi le berceau de l'humanité basque, c'est le lieu où l'on ressent le mieux les racines du premier peuple d'Europe », voilà comment Marc Large définit l'endroit qu'il a choisi pour situer l'intrigue de son roman. Né en Côte d'Ivoire, il y a trente-cinq ans, cet auteur de bandes dessinées et de livres régionaux est un amoureux de la nature et des légendes. « En Afrique, la vie des gens est intimement liée aux phénomènes naturels, aux arbres, aux sources, aux pierres, c'est peut-être de là que vient mon goût pour tout çà », déclare l'auteur.
Après s'être largement documenté sur les coutumes et légendes pyrénéennes, Marc Large choisit le mythe de l'homme sauvage - individu issu de l'accouplement d'un ours et d'une femme - appelé ici « Basajaun » et nous offre un roman surprenant et envoûtant.

L'intrigue. En 1780, autour de Sainte-Engrâce, les habitants sont convaincus de la présence énigmatique d'un homme sauvage, velu comme un ours, dans les forêts voisines. Craignant pour la stabilité sociale de la région, le gouverneur fait missionner par le roi, un naturaliste de renom pour éclaircir ce mystère. Le scientifique se retrouve confronté à une population superstitieuse et mystérieuse mais devra néanmoins apporter une explication rationnelle à l'existence de ce « Xan de l'ours ».
L'auteur a parcouru très souvent la montagne de Sainte-Engrâce et de Larrau pour s'imprégner de tous les détails qui nourrissent son récit. Tout randonneur ou berger reconnaîtra aisément les lieux traversés par l'histoire.
« J'ai réuni des personnes ayant vraiment existé à cette époque. Le héros, Louis Daubenton, était un naturaliste renommé. J'ai profité d'un trou dans sa biographie pour lui inventer une histoire, ici, en Soule », explique Marc Large. C'est aussi le cas du prêtre Haritchabalet, l'un des personnages, bien connu du village de Sainte-Engrâce.
Le chanteur Renaud, très attaché au Pays Basque, signe la préface de cet ouvrage et écrit : « Cette histoire est un hymne à la tolérance ».
« Xan de l'ours », en vente 16 e chez Herri Ekoizpen, place des allées à Mauléon.

Posté par xandelours à 11:52 - 4. Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2008

Rendez-vous

oursbrun5

* SARE, Salon du Livre, avec Peio Serbielle, le lundi 24 Mars 2008

* ANGLET, Espace Culturel Leclerc, l'après-midi du mercredi 2 Avril 2008

* BORDEAUX, Escales du Livre, du 4 au 6 Avril 2008

* DAX, Restaurant "Les Amis de l'Adour", le soir du vendredi 11 Avril 2008

* MAULEON, Herri Ekoizpen, le samedi 19 Avril 2008 à partir de 10 h 30

* DAX, Salon du livre, aux Halles, le 25 Avril 2008

* TARBES, Festival de BD, du 26 au 27 Avril 2008

* PARENTIS, Festival "Voix Libres", le jeudi 8 Mai 2008

* LUCHON, colloque international : « Des ours, des loups et des hommes : initiatives européennes pour la cohabitation et la valorisation », du 15 au 17 Mai 2008 à Luchon (31)  http://www.symposium2008.paysdelours.fr/

* SAINT PAUL LES DAX : Grand Mail, du 21 au 24 Mai 2008

* SAINT GAUDENS, Festival de BD, du 31 Mai au 1er Juin 2008

* BAYONNE, Virgin, le 7 Juin 2008

* St JEAN de LUZ, Librairie Louis XIV, le vendredi 27 Juin 2008

* MONT-de-MARSAN, Espace culture Leclerc, le samedi 19 Juillet 2008

* Grottes d'ISTURITZ, le samedi 26 Juillet 2008

* ANGLET, Espace cluture Leclerc, le mardi 29 Juillet 2008

* VIC en BIGORRE, salon du livre, le dimanche 3 Août 2008

* St JEAN PIED de PORT, librairie Kukuxka, entre le 6 et le 9 Août 2008

* LA PLAGNE, salon du livre de voyage, les vendredi 22 et samedi 23 Août 2008

* BAGNERES de BIGORRE, Festival de BD, du 4 au 5 Octobre 2008

* CAPVERN LES BAINS, Salon du livre, le 12 Octobre 2008

* SARE, les 18 et 19 Octobre 2008

* PAU, salon du livre, du 21 au 23 Novembre 2008

   

Posté par xandelours à 10:05 - 5. Rencontres et dédicaces - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

Vies sauvages

Posté par xandelours à 08:27 - 8. Lieux - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Fond musical

free music

Posté par xandelours à 11:05 - 2. L'auteur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

Avis de lecteurs

DSC04536

* J'ai été très touché par cette belle histoire, contée avec beaucoup de sensibilité et d'humanisme. On voit bien que tu l'as écrite avec tes tripes et ton âme, et que c'est un sujet que tu portais en toi depuis longtemps. Ton récit est par ailleurs très documenté, riche en détails historiques et géographiques, et j'imagine assez bien la somme de travail que cela a pu représenter... Comme tu me le disais l'autre jour, je me suis effectivement retrouvé dans les noms de lieux que tu évoques au fil de l'ouvrage: Aramits, Annie, Arlas, Borce, même le Val de Onsera, du côté de la sierra de Guara, où je connais un endroit merveilleux, niché au pied d'une cascade d'une centaine de mètres, et point de départ d'un barranco qui se descend par une vingtaine de rappels: l'ermitage san Martin de val de Onsera. Il faudra un jour que je vous y amène avec Pierre. Je t'encourage à continuer dans cette veine naturaliste qui te va bien, et j'attends avec curiosité et impatience ton prochain livre.

Franck Lebret* Suite à notre rencontre lors du festival de la BD à Tarbes et aprés lecture de votre roman Xan de l'Ours je vous joins mes impressions sur ce roman que j'ai lu avec énormément de plaisir.
En effet, plus on avance au fil de cette balade au coeur du Pays Basque plus on se retrouve dans cet univers féerique montagnard où mythe et réalité se confondent.
Ce roman nous montre la bêtise humaine dans son paroxysme où malheureusement la religion fait son incursion néfaste afin d'atteindre inlassablement son objectif :
annihiler tous sens critique en profitant de l'ignorance et de la crédulité de peuples plus ou moins analphabètes pour imposer une seule et unique façon de penser.
L'Homme est relativement intolérant et refuse tout ce qui ne lui ressemble pas. Est-ce par peur de l'inconnu (Dieu explique tout), par superstition (légende ou mythologie)?
Pour conclure, j'ai adoré ce roman où je retrouve ces paysages, ces contrastes uniques faisant toute la splendeur des Pyrénées, la rudesse des montagnards dans leur façon d'être et de penser car ils sont à l'image de ces montagnes pleines de paysages, de craintes, de croyances tout aussi irréels que mystérieux où légendes et réalité sont étroitement liées.
L'Ours fait partie de ces légendes mythiques et a toute sa place au sein de ces Pyrénées ancestrales : il ne demande uniquement que d'être libre et de vivre en paix dans son royaume.
Encore félicitations, très sincères salutations et adichats.
Christian SEUBE

* " Xan de l'Ours est une symphonie de valeurs, une quête d'absolu, de respect et une aspiration originelle à l'amour et à la tolérance envers l'autre et la nature. Un régal. Merci pour cet héritage à faire lire aux futures générations. " Michèle V. de Dax.

* Cet extrait me donne envie d'en savoir plus !
Je ne savais pas tout ça, j'ai appris beaucoup de choses. Mais est-ce un roman ou un livre sur la relation entre l'homme et l'ours ?

Posté par Mireille, 28 mars 2008

* Tout d'abord, sache que tes livres se vendent très bien à l'Espace, nous avons fait un réassort avec Jean Luc la semaine dernière. Nous avons mis les deux derniers livres en avant, "coup de coeur" à l'appui !
En effet, je l'ai lu...et j'ai adoré! J'ai été très surprise pour un premier roman de la qualité de ton style d'écriture. C'est très fluide, dès les premières pages on rentre complètement dans le vif du sujet, plongés en plus dans le beau paysage des pyrénées, que je connais comme tu sais!
J'ai retrouvé toutes les couleurs et le charme de nos montagnes, mêlés à la gravité du sujet qui me tient à coeur. Renaud a trouvé les mots très justes concernant "un véritable hymne à l'ours", c'est rempli de tolérance et d'espoir. Bravo donc pour ce magnifique ouvrage, je te souhaite beaucoup de succès pour les jours à venir. Je ne manque pas d'en faire la "promotion" auprès de nos lecteurs.

Posté par Esp. Cult. MdeM, 16 avril 2008

* J'ai déjà en ma possession PYRENEES SAUVAGES, votre livre d'aquarelles qui accompagnent un très beau texte. J'ai également LES PREMIERS HOMMES DU SUD-OUEST qui m'a permis avec ma famille de découvrir beaucoup de lieux sacrés. J'aime comme vous les mégalithes, la mythologie basque et l'histoire de nos origines. Merci pour tout ce travail très riche qui nous fait voyager avec plaisir autour de chez nous. Je suis en train de lire XAN DE L'OURS et je le dévore ! On va de surprise en surprise dans ce roman. Bravo !

Posté par José, 28 mars 2008

* Voilà, je viens de passer une grande partie de mon week-end avec Xan de l'Ours.
Au-delà de l'engagement pour la défense de l'Ours, je me suis laissée embarquer dans cette épopée parsemée de poésie et de noms familiers. Je suis tombée sous le charme des mots qui font naître les images en nourrissant l'imaginaire.
Et puis, enfin, j'ai visité ce site et visionné les videos, j'ai compris l'engouement pour ces lieux.
Bravo à toi et à tous ceux qui t'ont permis de nous faire partager ce voyage dans le temps, historique et romancé.
Je connaissais les dessins je découvre l'écriture, j'aime beaucoup.
Au plaisir de te lire encore.
Isa CG.

Posté par Isa, 27 avril 2008

* Bonjour je viendrai vous voir à Bordeaux je viens de lire "Xan" et j'ai adoré

Posté par Arnaud Fabre, 28 mars 2008

* je n'ai pas encore lu, mais j'ai comme l'impression que tu vas encore nous étonner, tu sais si bien raconter et faire rêver
Merci Marc, à bienôt

Posté par Jo, 29 mars 2008

* Ce livre m'intéresse à plus d'un titre. D'abord, l'intrigue se déroule dans ma chère Soule natale. Et puis l'auteur réveille les vieilles légendes Basques. Ensuite le livre parle de ours et de bien belles façons. Et puis le livre est préfacé par le chanteur Renaud que j'adore. Bon n'en jetez plus !
Mais je ne l'ai pas encore lu ; pour l'instant je lis "le fou d'Edenberg" de Samivel. Roman écolo.
Il me tarde de lire Xan de l'ours et je serai à la dédicace à Mauléon

Posté par Lurbeltz, 26 mars 2008

* Bonjour, j'ai beaucoup aimé ce livre ! On y apprend beaucoup de choses, c'est très instructif en plus d'être captivant ! Les descriptions de paysages sont superbes ! Merci !

Posté par Paul, 16 avril 2008

* salut Marc,
Magnifique!ces vidéos.qu'elle évasion..ça donne envie de découvrir tous ces sites.J'aimerais bien en avoir un petit cd; à l'occasion si tu peux tu m'en fait une copie, tu as mon adresse mail.
Quant au livre, comme promis lors de notre rencontre,voilà ,ce que j'en pense.
Quelle ode magnifique à la nature,à sa biodiversité.ce livre révéle ton profond amour,ton respect, pour notre terre et en l'homme.
Il permet aussi de se recentrer sur l'essentiel et d'ouvrir nos yeux et notre coeur au monde qui nous entoure et d'affirmer que notre véritable richesse est là sous nos yeux.
L'homme veut tout controler,tout posseder!...
Ton livre démontre bien qu'il faut apprecier les choses sans pour autant les dénaturées.
J'aurais plein de choses à dire sur ce livre et mon seul regret c'est de l'avoir lu aprés notre rencontre sinon j'aurais échanger avec toi sur le sujet.
Ton livre permettra j'espére ,en tous les cas il y contribura à une prise de conscience.Que l'on soit pas la derniére génération à connaître l'ours.
Ce nounours symbole d'amour pour nos enfants ne doit pas disparaitre et chacun à son niveau doit se batttre pour sa défense et sa survie.
Au paradis des ours Cannelle te remercie!..et demande à chacun d'entres nous de preserver son bébé Cannellito.
Merci pour ce beau livre.
Nathalie

Posté par ladyhawke, 22 avril 2008

* Salut Marc,j'ai pas encore lu le livre,mais merci de m'avoir permis de revoir de si beaux paysages et quand la voix de Peio s'y mêle c'est le pied!!!
Mais en revoyant ces vidéos j'ai déjà repéré certains changements...La passerelle d'Holçarté ,l'aménagement des grottes de Kakueta etc..c'est sûr il faut que toutes ces magnifiques
paysages soient accessibles au plus grand nombre,mais ils doivent aussi se mériter,c'est aussi comme ça qu'on les préservera.Je suis un peu dure là, aussi j'en dirai pas plus,
Monique

Posté par momo64, 22 avril 2008

Posté par xandelours à 21:07 - 7. Pensées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2008

Extraits et photographies

Haute-Soule, Pays Basque, Kakouetta, Holzarte, Ehüjarre, Sainte-Engrâce, Pic d'Anie, Larrau, Arette, Ours des Pyrénées, homme sauvage, Jean de l'Ours, Haritchabalet... un voyage ensemble sur les sentiers sauvages et secrets de Xan Artz...

gorges_kakouetta

"Le jour se lève à peine alors que nous arrivons au bord du monde. Une seule et unique route pour y accéder. Le bord du monde, l’extrémité sauvage. C’est ainsi que les habitants de cette région nomment les lieux. « Basabürü ». Le spectacle est saisissant. L’enfer et le paradis y sont étroitement mêlés. Un léger voile brumeux s’effiloche laissant deviner par moments, sous la voûte étoilée, de gigantesques murailles de forêts sombres déchirées par la roche. Plus haut, encore, d’immenses pans de neige jusqu’aux cimes inhumaines se découpent dans la lumière naissante. Et dans les profondeurs, le torrent grossi par les fontes gronde lourdement de façon continue. Les forêts de hêtres, sylves primitives, s’accrochent à la montagne, au-dessus du vide, des gorges profondes, des ravins sournois, des grottes et des gouffres insondables. Mon guide me parle d’esprits, de lutins, de monstres qui résident en cet abîme vertigineux, dans les entrailles froides de la montagne. Je me demande alors, un instant, si l’on souhaite me punir en me missionnant en ces terres d’extrême sauvagerie..."

ehujarre

" La lumière dorée frappe enfin la montagne et plonge dans le grand canyon d’Ehüjarre. Ici, tout est démesuré. La montagne fendue renferme des abîmes d’un vert émeraude profond où il y fait froid comme dans un tombeau, et où l’eau ruisselle de partout, de souterrains sans âge en cascades furieuses. Sainte-Engrâce est un petit village niché dans cet écrin spectaculaire, inhumain, paysage résultant sans doute des grands combats de titans. Le chemin conduit tout naturellement nos chevaux à l’abbatiale. Massive collégiale romane au sommet d’un tertre rocheux..."

sainte_engrace

"Ce sont les tombes de nos anciens. Depuis la nuit des temps, les hommes de la montagne basque lèvent des pierres et les placent en cercle. Ce sont des baratz ou hil-harriak, les sépultures des Mairu ou Gentils, les géants de l’antiquité. Les stèles que vous voyez sont le mariage du cercle sacré, du soleil, et de l'Église."

foret

" Nous entrons dans un royaume d’une extrême sauvagerie où il va falloir retrouver des instincts perdus, ramper silencieusement, guetter sans cesse, humer et scruter tout indice de vie. Ici, dans la profonde verdure de la Soule, dans ces antres mystérieuses, dans son sein gonflé d’eaux tumultueuses. A peine abandonnons-nous nos chevaux, qu’il faut maintenant grimper une pente tout de suite très raide. Malgré le vent froid qui descend des crêtes, je suis en sueur lorsque notre chemin ne devient plus qu’une sente animale noyée dans le vert sombre des bouquets de buis centenaires. Une odeur sombre se dégage de la végétation gourmande, du lierre et des mousses rongeant les rochers. Dans la hêtraie, une série de lacets particulièrement difficiles nous conduit à la sortie du bois. Là, dans une explosion de lumière, le versant du nord offre un spectacle hallucinant de ravins en falaises et de cascades en torrents, et quelque part, dans cette démesure, l’homme sauvage, frère des ours, que nous cherchons avec effort. (...) Les troncs massifs et tortueux de ces arbres centenaires dessinent des courbes ensorcelées, rongées par les mousses. Les racines noueuses emprisonnent de gros rochers blancs. Le sous-bois devenu clairsemé offre des myrtilles, des fougères géantes ou des digitales pourpres encore endiamantées de gouttelettes. Un arbre arrête brusquement notre progression. Il est sévèrement griffé à hauteur de poitrine d’homme. Les profondes lacérations qui ont déchiré l’écorce me font penser à une forme d’écriture bestiale qui voudrait dire : « Je suis là. N’approchez pas trop ! » Il trône tel un obélisque immanquable à un carrefour de sentes et des touffes de poils d’ours sont restées prisonnières dans la résine. J’ai l’impression d’un endroit sacré dans lequel je ne suis peut-être pas le bienvenu. La présence fantomatique de la bête plane quelque part dans cet enchevêtrement inextricable. Je la sais, je la sens..."

griffures

"Je suis seul. Je reste assis à observer les éclairs qui déchirent le ciel. Des détonations extraordinairement violentes tombent sur la montagne qui répond par des échos tout aussi titanesques. Je me sens minuscule. Plus mortel que jamais, dans ce vacarme apocalyptique. J’ai l’impression, un instant, que la nature hurle sa colère contre l’homme et que la terrible averse est là pour nettoyer le sang de ces deux ours. Le sang de la terre."

ehujarre2

" Je n’ai pas bien dormi, cette nuit encore. Quand j’ouvre la porte, je ne reconnais pas le paysage. Rien a changé pourtant, mais tout est différent. La lumière est vive. Le ciel est d’un bleu infini. Je sors faire quelques pas dans l’herbe encore humide, jusqu’à la cascade de Pista. La montagne intensément colorée semble plus accessible et hospitalière. Partout des fleurs aux couleurs vives imitées par des papillons hyperactifs. Et là, devant moi, la belle cascade qui lâche inlassablement ses paquets d’eau écumante contre les parois usées. La lumière est capturée dans des gouttes en suspension. Spectacle féerique. J’ai l’impression que les lieux ont oublié ce qu’il s’est passé hier. (...) Après un maigre repas, je prépare mon sac, m’arme d’un bâton et je pars en direction de la forêt. Je viens de l’atteindre quand j’aperçois le pic noir s’envolant au-dessus des cimes des arbres. Pas le temps de voir sa toque rouge vif. La descente à travers la vieille forêt est un moment d’observation privilégiée. J’avance les yeux collés au sol qui me révèle une somme considérable d’informations. La boue m’offre d’abord une trace de chevreuil, puis celle d’un sanglier. Plus loin, de belles salamandres brillent dans les souches moussues. Au détour d’un sentier, un couple de martres déboule presque à mes pieds et disparaît aussi vite dans les fourrés. Je n’en reviens pas de tant de vie dans ces lieux. Je me sens comme le premier homme, marchant là où peut-être aucun autre humain n’est passé, dans cet Eden totalement vierge. J’arrive enfin aux abords des gorges d’Holzarté. Théâtre spectaculaire. De gros hêtre tortueux s’accrochent péniblement au-dessus du vide. Je me colle contre un tronc d’arbre comme pour me sécuriser et ne pas être happé par cet abîme angoissant. Je vois de grands rapaces voler entre les parois. "

vautours

" Je profite encore des parfums de la forêt, en chemin, tout en scrutant le sol. Lire les traces d’animaux éveille en moi un vrai régal. Sur les abords, le piétinement d’une foule animale trahit des sangliers, des chevreuils ou des renards. Entremêlement qui ferait presque croire à une cohabitation du monde sauvage. J’aperçois des fèces grises presque sèches. Ce sont des excréments de loup, déposés à belle vue pour marquer un territoire. Je les délite doucement pour observer les os qu’ils contiennent. A mes pieds, une belle trace. Ovale presque parfait, aplati au niveau du coussinet, les doigts bien griffus et les latéraux et sommitaux bien orientés vers l’avant. Je reprend la marche, dans la direction du loup et surtout celle de mon refuge. La végétation couchée, plus loin, me révèle les méfaits de l’animal. Un crâne de chevreuil, l’os à nu. Je sais la haine vouée par ici à l’animal. Une haine plus forte encore que celle portée à son confrère de malheur, l’ours. Mais je ne peux m’empêcher de songer avec fascination à ce chien sauvage qui refuse le collier pour couler sous la lune blanche, au trot rapide et dansant. La nuit venue, assis sur un petit muret de pierre, devant la cabane, je contemple l’immensité qui passe lentement de l’indigo à l’ébène."

errayze

" Le cours normal de la vie en montagne reprend dès le lendemain. Les activités essentielles de la journée sont la traite des brebis, matin et soir, et la fabrication du fromage. Chaque soir le troupeau est rassemblé dans un parc dont les barrières ne sont qu’une faible défense contre les loups et les ours. Mais ces derniers ne viennent pas. Dans la journée, nous surveillons les brebis qui se répandent sur les pentes environnantes. Les chiens sont de précieux alliés pour ramener les bêtes égarées. Les pâturages sont de belle qualité en raison des pluies abondantes d’avril et de mai. Les jours passent, sereins. Chaque semaine, Maiana monte au cayolar pour venir chercher le fromage et nous porter le ravitaillement. Je l’accompagne parfois jusqu’au village. J’aime l’entendre me raconter les torrents violents emplis de truites et de saumons, les hardes d’isards qui dégringolent sur les pentes vertigineuses. Elle a des noms qui chantent pour chaque fleur de montagne. Elle me parle souvent des anciens, ses ancêtres, venus courageusement s’aventurer les premiers dans cette démesure, cette nature hostile et merveilleuse à la fois. Je crois qu’elle me manque quand elle n’est pas là. Et chaque fois qu’elle revient, le jour est plus beau, le soleil plus étincelant, et sa silhouette au milieu de l’espace rend plus petite la montagne."

grotte_ehujarre

" Méfiants, tout de même, nous nous approchons de ce trou, comme une bouche ouverte de la montagne elle-même. Ce sont des peurs ancestrales qui nous hantent brusquement. Nous voilà enfin devant l’entrée. Vaste. Il n’y a pas âme qui vive dedans. Je suis rassuré. Étrange sentiment puisque c’est dans le but de le voir à nouveau que nous sommes venus jusqu’ici. Que fait-il en ce moment même ? Est-il quelque part plus bas, dans la forêt, en train de chercher son repas du soir ? Nous observe-t-il depuis le bois qui nous fait face, sur l’autre versant ? Je l’imagine aisément nous guetter depuis ces buissons. Maiana fait résonner sa petite voix dans l’antre monstrueuse."

kakouetta

" La montagne, littéralement fendue en deux, s’ouvre sur un couloir étroit et teinté d’une multitude de verts sombres. L’eau renvoie les reflets émeraudes qu’elle a volé à la végétation, la terre et la pierre, depuis des millénaires de creusement inlassable. Un couple de grands corbeaux nous survole et s’engage, moqueur, sans crainte, dans le défilé. (...) Chaque virage dessiné par le canyon crée un suspense et ouvre à nos yeux un nouveau décor fantastique. Jamais, dans mes rêves les plus fous, je n’ai vu pareilles merveilles. Jusqu’où ce périple nous conduira-t-il ? Encore une courbe et soudain, beauté orgueilleuse de la nature toute puissante, une énorme cascade est crachée avec force de la falaise. Elle sort d’un trou énigmatique, comme une gueule baveuse, pour mieux nous impressionner."

cascade

" Dans l’air chargé de résine et les aveuglantes percées de lumière qu’offre l’enchevêtrement des hêtres centenaires, nous cheminons sur la sente du retour au village. Je m’égare dans mes songes tous dédiés à ces pentes sans âge nourries de pluie et de vent, témoins silencieuses des « mairu », les hommes basques d’avant le christianisme. Le brame d’un cerf ponctue mes rêveries. Après la forêt, sur les croupes d’herbes grasses, un long fil blanc glisse lentement depuis les cimes noyées dans un flou laineux. Ce sont les brebis qui redescendent elles aussi vers leurs quartiers d’hiver. Je dévore ce tableau des yeux, j’imprègne mes poumons de ces parfums, du souvenir éternel de ces quelques mois passés au bord du monde, là où l’on peut toucher même au ciel. Un rideau de pluie accourt jusqu’à nous tandis que les cieux se parent de couleurs sans nom. "

picanie

" Au nord monte une pinède subalpine de pins à crochets vieux de quelques siècles et aux singulières formes tarabiscotées. Au sud, c’est le mystérieux sommet dont me parle mon guide et qui semble nous appeler. Ce chant étrange, cette plainte lancinante, émanant des gouffres, des avens et des dolines, me charme. C’est un sifflement énigmatique, attirant comme celui des sirènes. Nous succombons et très vite, toute réalité s’efface et la main gigantesque de la montagne nous emprisonne dans une illusion de désert de pierre. Tout autour de nous, à perte de vue, une roche compacte et dénudée s’étale et forme des dépressions karstiques, lapiaz ciselés ou encore crevasses en entonnoirs. Le tout franchement inhumain ! Le Pic d’Anie offre ici des formes fripées que l’on croirait animales et fossilisées mais ce sont probablement les glaciers et les eaux, qui tels des sculpteurs fous, se sont donnés à cet art abstrait. Les vautours dessinent des spirales au-dessus de nous. L’un d’eux se pose non loin sur une forme gothique qui lui donne l’aspect d’une gargouille voûtée et endiablée. (...) Le chemin tient en équilibre au bord de l’abîme et ma concentration s’accroche au bras rongé par la lèpre de ce monstre indéfinissable, ce grand monument naturel qu’est l’Auñamendi."

Posté par xandelours à 14:25 - 8. Lieux - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mai 2008

XAN NAIZ NI

xannaizni

Posté par xandelours à 13:51 - 5. Rencontres et dédicaces - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

JOURNÉE "OURS" POUR ASTOBELARRA

A l’occasion de la venue de l’auteur Marc Large en Soule, l’association Astobelarra organisait samedi après-midi dernier une discussion autour de "l’ours en Pays Basque". Un forum très intéressant et instructif qui aurait mérité le plein de public...

Par E.H.BOYER

naissances_oursons_2007_1

Tous d’accord : il y a bien longtemps que l’on n’a plus vu l’ours (vivant) en Pays Basque. Combien de temps encore en Béarn, et sur toute la chaîne des Pyrénées ?

Voulant donner une suite à la venue de l’auteur Marc Large en Soule, qui présentait le matin même son nouveau livre « Xan de l’ours » (éd. Cairn) au magasin des produits régionaux à Mauléon, l’association « Astobelarra, le grand chardon » qui édite deux collections dont une bilingue basque/français a organisé l’après-midi une discussion sur le thème de l’ours en Pays Basque, au centre Multiservices. Pour ce faire, elle avait contacté plusieurs intervenants, dont Marc Large, qui a positionné son discours sur le côté historique de la cohabitation nomme/ours ; ainsi que le Vert du Béarn André Cazetien, lui aussi auteur de plusieurs ouvrages traitant de la problématique ursine. Au duo d’écrivains avait été ajouté la présence du chanteur souletin Jean-Michel Bedaxagar, qui s’est chargé, quant à lui, de situer la place de l’ours dans le chant traditionnel basque.
Une initiative très intéressante et enrichissante (qui sera certainement reconduite sous une autre forme et à un autre horaire), même si le débat était relativement orienté, et que le public, peu nombreux, était tout acquis à la cause...

lours2

Depuis les protobasques...

Selon Marc Large, l’ours a toujours bénéficié d’une espèce d’anthropomorphisme. Les liens avec le plus grand fauve d’Europe remonteraient au temps des néanderthaliens. On ne lui vouait pas vraiment une haine franche, mais plutôt une certaine fascination. Les protobasques le considéraient comme leur ancêtre, tandis que certaines grandes familles pensaient avoir des racines ursines. On retrouve l’ours dans les noms des villes d’Europe (Bern...), dans certains prénoms (Bernard...). Et le dacquois, qui fait partie de l’association « ADET pays de l’ours » de s’interroger : « Sommes-nous la dernière génération à pouvoir attester de la présence de l’ours en Pyrénées, alors que le plantigrade était là avant nous ? Sommes-nous à même de pouvoir donner des leçons aux africains qui déciment leurs éléphants, alors que nous mêmes galérons avec quatre pauvres ours qui divaguent entre Aspe et Ossau ? » Marc Large ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre la protection de l’ours et celle de la culture et de la langue basques. Pour Marc large, il ne fait aucun doute qu’il y a une urgence à sauver l’ours. « La cohabitation est possible », assure t-il.
Pour lui, il s’agit avant tout de pédagogie. Et de rappeler que la peluche la plus vendue au monde est le « nounours », qui symbolise chez l’enfant l’amour maternel, le confort et la sécurité. « Comment expliquer qu’à l’âge adulte, l’ours puisse devenir cet être haï ? »

lours1

Les intervenants de gauche à droite : André Cazetien, Marc Large et Jean-Michel Bedaxagar.

Respect de la biodiversité !

Pour résumer, la biodiversité, c’est la chaîne naturelle qui permet la vie de toutes les espèces de la planète. André Cazetien le clame haut et fort : « On ne peut pas accepter que l’homme fasse disparaître une espèce comme l’ours (ou la baleine, l’éléphant, le tigre du Bengale, le requin, etc.). C’est l’homme qui met la biodiversité en danger du fait de ses activités, et de son statut de super prédateur. C’est contre cet homme là, qui a inventé le fusil, qui s’en sert pour tuer les animaux et d’autres hommes que nous devons agir ! » Pour le maire honoraire de Mourenx, militant Vert au Béarn, nous devons veiller à ce que soit maintenu un respect universel, non restreint à la protection du monde animal. Faisant le lien avec les OGM, la voie rapide de la vallée d’Aspe, ou se posant la question de l’utilité relative de l’agro éthanol, qui sont pour lui autant de problèmes inséparables de celui de l’ours, il prône une vision plus globale de la planète : « Ne cherchons pas seulement à défendre notre petit lopin pyrénéen. Où donc iront les bergers lorsqu’il fera 45° dans les estives ? Que restera t-il du pastoralisme ? Oui nous sommes pour le renforcement de la population ursine. Mais c’est parce que nous sommes pour l’ours, que nous sommes pour l’homme ! »
Mais celui qui, lors du dernier tour de France, a pu lire peint en blanc sur le goudron de Laruns « ours non ! Cazetien, non ! » reste philosophe : « On ne va pas convaincre les gens en leur disant que la nature est belle. Il faut aussi améliorer les conditions de vie des valléens et des bergers. C’est à ce prix qu’on réhabilitera le dialogue ! »

cm2ours4

L’ours, c’est toute une culture...

Depuis que l’homme est l’homme, en Soule, on parle de l’ours, des bergers et des moutons à travers le chant souletin, et les histoires qu’on se raconte de père en fils. Jean-Michel Bedaxagar raconte : « Autrefois, sur les estives, on comptait 5 à 6 bergers pour un troupeau de 600 têtes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un pour garder le même cheptel ! » Un chant dit que le berger pouvait partir tranquille à la montagne, comme s’il allait en vacances, puisqu’il avait toujours un frère, un oncle ou un cousin pour rester à la ferme et s’occuper des foins et regains. Aujourd’hui, l’agriculteur est seul pour assurer la traite, la fabrication et les fenaisons. Un autre chant parle de tribut à payer à la montagne et à ses habitants sauvages. C’était vrai au XIXième siècle. Les bergers devaient parquer leurs brebis le soir, car il n’était pas rare que l’ours, ou le loup viennent prélever leurs quotas. Mais c’était chose acceptée et naturelle, du moins autant que les dégâts causés par la foudre ou les chiens sauvages. « Alors pourquoi aujourd’hui, à Larrau et Sainte Engrâce a t-on l’ours en haine, alors qu’il a disparu de ces terres ? », s’interroge le chantre de la soule... Il faut croire que c’est justement parce qu’on ne l’y voit pas assez souvent !
Jean-Mixel Bedaxagar a conclu en beauté son intervention en entonnant « la morsure de l’ours », un chant tout en métaphore sur un plantigrade mordant qui camoufle l’histoire d’une jeune bourgeoise mise enceinte par le curé Haritchabalet de Sainte-Engrâce !

oursdescavernes

En conclusion...

Marc Large est revenu sur l’ours des cavernes, contemporain de l’ours brun des Pyrénées. "Les experts s’accordent à dire que son espèce s’est éteinte du fait de la chasse humaine..." Comme quoi l’histoire aurait tendance à se répéter...
En parallèle à son roman "Xan de l’ours", L’auteur a raconté le sombre fait-divers de "la dame de Vicdessos", datant de 1809, et qui s’est déroulé en Ariège. Une jeune femme qui vivait à l’état sauvage a été capturée, puis internée à Foix où elle s’est laissée mourir... Lorsque la fiction rejoint la réalité...
Prenant la balle au bond, Michèle, dans le public, a parlé d’anthropocentrisme. "L’homme a toujours eu tendance à essayer de plier la nature a ses besoins, de la mettre à sa disposition. Jusqu’à sa totale disparition ? Nous faisons partie d’un tout. Si l’on enlève une partie de ce tout, c’est tout le reste qui commence à décliner..."
Enfin, André Cazetien, doyen de cette rencontre autour de l’ours en Pays Basque, a conclu sur un message d’espoir : "On vient de faire de l’ours ’un familier’. Il faudrait continuer en ce sens, montrer que l’ours n’est pas dangereux." Et cela, les deux auteurs -qui ont rencontré le plantigrade en chair et en poils en pleine nature- peuvent l’attester !

E. H. Boyer, journaliste pour Euskobizia

Jean-Michel Bedaxagar a évoqué l’ours en Pays Basque au travers de la poésie et du chant souletin.

lours3

Posté par xandelours à 12:34 - 4. Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

Festival de BD de Tarbes


Festival de la BD 2008 à Tarbes
envoyé par tarbes-infos

Posté par xandelours à 09:24 - 4. Médias - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Sud-Ouest

Le Sud-Ouest

SALON DU LIVRE DE DAX. Emma Saint Genez

--Ce week-end, l'illustrateur et auteur landais Marc Large fera table commune avec le poète et musicien basque Peio Serbielle. Dans le rôle du trait d'union, le chanteur Renaud

Quand Marc rencontre Peio

Marc Large et Peio Serbielle ont au moins trois points communs : le chanteur Renaud comme ami, un amour presque mystique pour la nature et ses beautés, et l'art pour exprimer leurs états d'âme et leurs points de vue. Le dessin et l'écriture en l'occurrence pour Marc Large, illustrateur installé à Dax ; la musique et la poésie pour Peio Serbielle qui ?uvre à Charitte de Bas au Pays basque, depuis la fin de sa détention préventive en février 2006. Incarcéré pendant seize mois pour avoir hébergé des militants d'ETA, le chanteur est toujours sous contrôle judiciaire et le dossier à l'instruction.
C'est pendant qu'il était en prison que Marc Large a entendu parler de lui par l'intermédiaire de Renaud. Le dessinateur et le chanteur à succès se sont rencontrés autour de la défense de l'ours dans les Pyrénées. « Au début des années 90, Renaud a découvert qu'il avait de la famille en vallée d'Aspe, commente Marc Large. J'étais fan de lui depuis longtemps. Il m'a très vite parlé de Peio et de sa situation ». Peio Serbielle a, de son côté, rencontré Renaud il y a une quinzaine d'années lors d'une émission de radio. Le chanteur a pris part aux deux derniers opus de ses « potes » du Sud : il a préfacé le roman de Marc Large, « Xan de l'ours », qui reprend l'histoire de l'homme sauvage né de l'union légendaire entre une bergère et le plantigrade, et a chanté dans « Kixmi », un des derniers titres de Peio Serbielle, inspiré lui aussi d'une légende basque (1).

Kakuetta. De ces relations parallèles est née une troisième amitié entre le Basque de sang et « le Basque de c?ur » comme se définit Marc Large. « La prison a représenté pour moi une cassure, commente Peio Serbielle. Je ne perds plus de temps. Je vais vers les gens et les choses qui avancent. Ce que j'ai perçu chez Marc, c'est qu'il est venu au Pays basque pour partager la parole. Il se déchausse devant la terre et les gens qui l'accueillent. C'est une démarche plutôt rare aujourd'hui, à l'heure où l'on a du mal à écouter et à accepter l'autre dans sa différence ».
Marc Large a écrit son roman à Dax au son d'« Egon », l'avant dernier CD de Peio Serbielle. « J'aime la voix puissante de Peio. C'est un vrai artiste avec lequel j'ai fait une émission mémorable en hiver dans les gorges de Kakuetta pour la chaîne de télévision Alegria. Il a l'oreille musicale que je n'ai pas. Comme lui, je me sens citoyen du monde. Je ne supporte pas l'idée de frontière, de droit du sol. Par contre, je suis très sensible à la culture. Quand on réprime un Basque, je me sens basque. Si c'est un Tibétain, je suis Tibétain ». Les deux amis mettront en commun leurs idéaux et leurs dédicaces ce week-end à Dax et le 24 mai à la librairie Tonnet à Pau.
Avec le cameraman Patrice de Villemandy, ils travaillent aussi à la réalisation d'un film présentant des paysages basques et landais « époustouflants » avec la musique de Peio Serbielle et de brefs textes comme seules légendes.
(1) « Naiz » de Peio Serbielle, premier CD d'une trilogie, distribué dans les espaces Leclerc Dax et de Saint-Paul-lès-Dax. « Xan de l'Ours » roman de Marc Large aux éditions Cairn.

Posté par xandelours à 19:07 - 4. Médias - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »