Xan de l'Ours

15 novembre 2008

Xan naiz ni

Voyage en Terres Sauvages

Xan Naiz Ni , 26 minutes, est une production de Marc Large, Peio Serbielle et Patrice de Villemandy

En savoir plus : Le blog du film - le mois du film documentaire

Bande-annonce réalisée par ©2008 Hartza.info

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06 septembre 2008

La mythologie de l'ours

En Yougoslavie, en Bulgarie, en Roumanie, dans les Balkans, chez les Aïnous du Japon, en Chine, en Corée, chez les Indiens d’Amérique du Nord comme plus près de chez nous au pays basque et dans les Pyrénées, l’ours est soit l’ancêtre de l’homme, soit un homme sauvage, soit encore un dieu !

Cet anthropomorphisme est très ancien et répandu dans plusieurs endroits du monde.

L’animal se dresse effectivement sur ses deux pattes arrières, tel un homme. Les Béarnais le nomment « lou pedescaou », le va-nu-pieds, ou encore « lou Moussu », le Monsieur.

Pour les Basques, c’est « Artza » tandis que les bergers sont « artzainak ». Mêmes mots pour les frères ennemis. Les deux surveillent les brebis.

La racine « Art » se retrouve dans le prénom du roi Arthur ou dans les noms des divinités Arthémis, Artehe, Artahe et Artio. Même l’Arctique doit sa dénomination à l’ours.

Les noms des villes de Madrid, Berlin ou Bern sont issus de l’ours. Le prénom Bernard par exemple veut dire « Ours fort ».

Dans les Pyrénées, cette omniprésence est frappante (Artz, Anso, Onso, Os, Ossau, Ous, Ossa, Onsera, Orsiana, Osera, Ursa…).

Le pic d’Ossau serait même, selon de très anciennes légendes, la tête tranchée de Jean de l’ours. Effectivement, penchez légèrement la tête et regardez cette montagne. Vous verrez la gueule souriante de l’animal.

ossau

De nombreuses variantes existent à propos de ces récits de « gens de l’ours ».

Partout dans les Pyrénées et dans plusieurs langues, du Juan ou Xan de l’Ours des Basques jusqu’au Joan de l’Os catalan, on retrouve l’histoire d’un enfant né de l’accouplement d’un ours et d’une femme. Un garçon velu comme son père. Toujours est-il que le rôle mythologique joué par l’ours est lié à la Fécondité, en Europe comme ailleurs.

ours_femme

Les nombreuses fêtes de l’ours, encore pratiquées, en témoignent. Ces carnavals hivernaux du Pays Basque au Roussillon mettent en scène le plantigrade sortant de son hibernation, annonciateur de la belle saison, du retour de la vie et de la chasse à l’ours. Le plus souvent, un homme revêtu d’une peau de l’animal mime une attaque sexuelle sur une jeune femme. Des chasseurs se jettent alors sur lui, le capturent et procèdent même parfois à son rasage. Dépourvu de son pelage l’ours ressemble à un homme devenu civilisé. Est-on ici témoins du souvenir de pratiques magiques des chamans de la préhistoire ?

Chez les basques, les enfants de l’ours et de la femme sont « Basajaun » ou « Basa yaun », les seigneurs sauvages, d’autres fois ce sont les « Mairiak » ou « Gentils », des géants païens.

homme_sauvage

Ils sont dans la tradition les bâtisseurs de dolmens et cromlechs du Pays Basque. Ces géants et leur déesse Mari, détenteurs d’anciens savoirs, ont disparu avec l’arrivée de la Chrétienté.

L’Église a œuvré à l’abandon des cultes animistes de ces anciens adorateurs de l’ours, des astres, de l’eau, des arbres et des pierres.

dolmen

L’ours, premier dieu

L’une des plus anciennes traces de cette vénération de l’ours se trouve sur la colline de Lascaux, à 500 mètres de la célèbre grotte, au lieu dit « Regourdou ». Une sépulture néandertalienne vieille de 70 000 ans y a été découverte en 1957. Le corps de l’homme était couché sur le côté, en position fœtale dans une sorte de tombe formée d’une fosse dallée puis empierrée et couverte de sable et de cendres de foyer. Un mur sépare ce tumulus d’une deuxième fosse plus vaste et fermée par une grande dalle monolithe de 850 kilos. Celle-ci contenait les restes d’un ours brun !

Autour de cette tombe, les archéologues mirent à jour une vingtaine de petits caissons en pierre qui contenait des ossements d’ours.

Cette découverte n’a fait qu’enflammer un peu plus les passions, polémiques et rivalités qui existent entre les scientifiques qui défendent la théorie d’un culte de l’ours et ceux qui refusent cette idée.

Les premiers mettent en avant les trouvailles faites dans la grotte de Chauvet, avec ses crânes d’ours disposés en cercle. Plus étonnant encore, l’un de ces crânes est volontairement posé sur un rocher, tel une offrande sur son autel, au centre même de la salle.

Après la plus ancienne sépulture, tournons nous vers l’une des plus vieilles statues.

Là encore, il s’agit d’un ours d’argile modelée dans la grotte de Montespan, il y a 17 000 ans.

Entre les pattes avant de l’animal, repose un crâne d’ourson.

Au Pays Basque, l’ours est représenté au centre des grottes d’Ekain et d’Isturitz.

A Ekain, curieusement, tous les animaux peints sont orientés vers la niche aux ours (artzei) où deux ours sont dessinés au crayon de manganèse.

ours_prehistoire

Nous pouvons imaginer sans peine que l’ours était déjà un symbole d’immortalité. Les premiers hommes attentifs aux cycles de la nature, observaient l’ours qui, à l’approche des grands froids, disparaissait dans les entrailles de la terre. Quand l’animal regagnait sa tanière pour n’en ressortir qu’au retour des beaux jours, les néandertaliens puis les cromagnons voyaient peut-être là une préfiguration de la mort et de la résurrection. Peut-être est-ce pour cela qu’ils ont mêlé les ossements de leurs morts à ceux du plantigrade, espérant le retour des défunts accompagnés d’une nouvelle progéniture au printemps.

L’ours, premier dieu, symbole de résurrection et de fertilité a rendu l’Église méfiante. Elle s’est donc efforcée à faire la guerre à ce paganisme. D’abord en l’éliminant physiquement par des battues et tueries massives, comme celles menées par Charlemagne chez les Germains qui faisaient du plantigrade un animal totémique.

En Europe du Nord, l’ours est le roi des animaux mais pour le christianisme il s’agit du lion.

L’Église va donc ensuite représenter l’ours comme un animal soumis, l’incarnation de nombreux vices et la créature du diable. Ridiculisé, il devient une bête de cirque.

Mais l’aspect anthropomorphique de l’ours, son pelage, son amour maternel, son alimentation omnivore ont créé, depuis les temps préhistoriques, une relation curieuse et ambiguë entre les Pyrénéens et l’animal, qui a du mal à disparaître. Les nombreuses et très vieilles familles s’attribuant une ascendance ursine ont fait perdurer l’idée d’ourses allaitantes à qui étaient confiés des petits des hommes.

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Femmes et hommes sauvages (grotte d'Isturitz)

Si l’ours était le premier dieu d’un enfant préhistorique, il est aussi inconsciemment celui de l’homme moderne. Le premier compagnon du nourrisson, lien et transition entre la mère et le nouveau né, le nounours est aujourd’hui la peluche la plus vendue au monde.

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Eglise de Sainte-Engrâce

Jean-Jacques Rousseau faisait allusion à ces hommes sauvages et « gens de l’ours » en 1754 dans son « Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes. » Linné classa ces enfants sauvages courant la montagne à la manière des isards, dans la catégorie de l’homo ferus. Il décrit des humains se déplaçant à quatre pattes, ne sachant pas parler et couverts de poils.

En 1776, l’ingénieur Leroy, chargé de la Marine royale et de l’exploitation des forêts d’Aspe, fait part dans son mémoire de ces êtres humains vivant à l’état sauvage dans les forêts d’Iraty et d’Issaux.

Il décrit un homme âgé d’une trentaine d’années, velu comme un ours, probablement atteint d’hypertrichose, maladie anciennement nommée le syndrome d’Ambras.

kakueta

cascade_kakueta

Daubenton

Daubenton

A cette même époque, on évoquait l’existence de femmes prises d’affection par des ours !

Marguerite Anglade, en août 1789, à l’âge de seize ans, fut agressée par un ours « parce qu’elle était dans son temps critique. » Magne de Marolles, par cette précision intime, fait référence à une ancienne croyance populaire selon laquelle l’ours aurait une attirance et une sensibilité particulières envers les femmes.

Dix ans plus tard, c’est le cas de Madeleine Roche qui est rapporté par le vicomte Louis de Dax. Il explique que l’animal la contemplait avec plaisir alors qu’elle était à une source de montagne. L’ours bondit sur elle, l’enlace et promène frénétiquement sa langue sur son visage, ses cheveux et sa nuque.

Une passion amoureuse qui se termine brutalement lorsque le berger arrive et frappe l’ours avec sa hache. D’autres récits plus tard encore, parlent de femmes suivies par le plantigrade.

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Quand la réalité dépasse la fiction

La réalité a souvent dépassé la fiction, comme en témoigne l’histoire de la dame de Vicdessos.

En 1809, des chasseurs rencontrèrent dans la chaîne qui sépare le Couserans du pays de Foix, errant dans les rochers, une femme nue qui prit la fuite à leur approche !

Ils n’eurent de cesse de la retrouver, de la capturer et de la ramener au village de Suc.

Elle avait la peau tannée par le soleil et les cheveux très longs. Insensible aux averses et à la neige, buvant l’eau des sources, se nourrissant d’écorce, de racines, de baies, de fruits, de champignons et d’escargots, elle avait survécu secrètement dans les forêts voisines.

Il fallut l’attacher pour l’habiller tant elle laissait exploser ses colères et sa sauvagerie. On l’interrogea longuement mais elle restait muette. Cependant quand on lui demanda comment il était possible qu’elle avait survécu à la présence des ours, elle dit : « Les ours ? Ils étaient mes amis. Ils me réchauffaient ». Et ce fut à nouveau le silence. Elle parvient à s’échapper une fois de plus et disparaît un hiver entier, très rude cette année-là.

Au printemps, elle fût aperçue dans la montagne. Après une battue générale ordonnée pour sa captivité, elle fût ramenée à Vicdessos, puis à Foix où on l’enferma définitivement.

Eut-elle à subir l’agression de ses geôliers ? Toujours est-il qu’un matin, sans explication, un gardien déclara son décès.

L’affaire fût classée sans suite.

Comment aurait-elle pu survivre à l’enfermement, elle qui avait connu les vents de la liberté qui soufflent sur les crêtes de montagne et les parfums enivrants des sombres forêts de l’ours ?

A elle seule, elle figure l’instinct de conquête de la nature qui habite l’homme depuis son origine.

Frère de l’ours, à l’aube des temps, il est devenu son ennemi jusqu’à l’éradiquer presque totalement.

Est-ce aujourd’hui trop tard pour le retour des vraies forêts, celles qui étaient hantées par l’ours, présence invisible et sang de la terre ?

Marc Large

Extrait de « Xan de l’Ours, la légende de l’homme sauvage » de Marc Large, préface de Renaud, Éditions Cairn.

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Lieu du roman "Xan de l'Ours" en Haute-Soule

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Harpéa (Artza-Artzainak) : ancienne tannière d'ours devenue bergerie

Carte

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L’ours, l’autre de l’homme

ambras

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04 septembre 2008

Homme sauvage des Pyrénées

SUD OUEST 04 09 2008

ENQUETE. --Des espèces inconnues ont-elle survécu dans la région pendant des milliers d'années à côté de l'Homo sapiens ?

Chasse au yéti dans les Pyrénées

Voilà trois ans que la découverte fait débat au sein de la communauté scientifique. L'homme de l'île de Flores, en Indonésie, serait-il sur le point de faire exploser le consensus selon lequel l'homme moderne, l'Homo sapiens sapiens, est resté seul au monde depuis la disparition de l'homme de Neandertal, il y a près de 30 000 ans ? Pas impossible ! Les ossements des individus exhumés dans la grotte de Liang Bua seraient ceux d'hommes préhistoriques totalement inconnus jusqu'à présent. Hauts comme trois pommes, ils auraient vécu entre 95 000 et 13 000 ans alors qu'ils font penser aux australopithèques vieux de 4 millions d'années.
Les archéologues l'ont surnommé le hobbit, en guise de clin d'œil aux personnages de Tolkien, l'auteur du « Seigneur des anneaux ». Cette fois, la découverte a peut-être bien rejoint la légende selon laquelle d'étranges petits êtres occupaient l'île au XVIe siècle, quand y débarquaient les navigateurs hollandais. Le folklore local parle d'un « orang pendek ». La créature vivait de chasse et de cueillette et se risquait parfois à voler des bricoles dans les villages avant de dis- paraître dans la jungle.
Espèces cachées. La mise au jour de l'homme de l'île de Flores ne peut que renforcer la détermination des cryptozoologues. Cette poignée de chercheurs qui évoluent en marge de la préhistoire officielle traque les espèces cachées à travers la planète. Essentiellement au travers des récits, des témoignages et des contes et légendes qui ont traversé le temps. Pour eux, l'évolution du genre humain présente assez de parts d'ombre pour penser que la survivance de Neandertal jusqu'à une période relativement récente ne relève pas seulement d'un roman de science-fiction.
Le yéti himalayen, le yeren chinois, le bigfoot américain, l'almasti du Caucase… Les histoires d'humains rescapés de la nuit des temps courent sur tous les continents. Dans les Pyrénées, le cryptozoologue Michel Raynal s'est ainsi longuement intéressé à ces hommes velus qui peuplaient les forêts d'Iraty et d'Issaux au XVIIIe siècle. Leur présence est relevée dans les Mémoires de l'ingénieur Leroy, qui, en 1776, était chargé de sélectionner les arbres pour équiper la Royale. À la même époque, le naturaliste suédois Carl von Linné ira jusqu'à classer ces êtres, mi-homme mi-ours, dans la catégorie de l'Homo ferus. Mais aucune preuve matérielle ne rend leur thèse crédible aux yeux des sceptiques. Jean de l'Ours. Dans les Pyrénées, l'histoire de Jean de l'Ours a aussi la peau dure. Elle est aujourd'hui encore mise en scène dans de nombreux carnavals locaux comme celui de Pau. Le rituel s'appuie sur une fable transmise de génération en génération de montagnards : enlevée par un ours, une jeune fille finit par mettre au monde un enfant, velu et fort comme son géniteur. Au Pays basque, une autre version s'enracine davantage dans le domaine de la croyance : celle du seigneur de la forêt, le basajaun.
Cet être étrange est considéré à la fois comme l'héritier d'une ancienne race humaine et une sorte de génie. À en croire les conteurs, il est grand et porte des cheveux très longs. Souvent comparée à un animal à la force extraordinaire, la créature a aussi la réputation d'être agile. Les Basques lui reconnaissent plusieurs dons.

« Il serait tout de même étonnant qu'un homme sauvage ait survécu sans laisser de traces »

À l'approche de l'orage, un basajaun est capable d'avertir le berger. Une autre idée répandue présente le basajaun comme l'inventeur de l'agriculture. Selon la mémoire collective, il est aussi à l'origine des activités des forgerons et des meuniers.
Dans la commune d'Alçay, après des années de recherches dans les archives et auprès des familles du cru, le prêtre Junes Casenave a rédigé le catalogue complet de cette mythologie. Il a recueilli des anecdotes inédites, telle celle d'un berger dont la rage de dents est soignée par un basajaun qui maîtrisait, bien avant l'heure, les points d'acupuncture.
« On est face à une mémoire ancienne dont le fond est inexpliqué, observe l'ecclésiastique. Mais une chose est sûre : tout se relie à des faits passés auxquels les gens croyaient. De là à dire qu'on touche à la vérité, c'est une autre affaire. » Controverse. L'archéologue toulousain Christian Normand procède actuellement à des fouilles à Isturitz, non loin d'Hasparren, sur un site du début de l'aurignacien où des traces humaines remontant vraisemblablement à plus de 36 000 ans ont été identifiées.
« Nous ne disposons d'aucun vestige néandertalien dans les Pyrénées, explique-t-il. Les cryptozoologues se demandent pourquoi les descriptions des récits sont si précises alors que nous sommes a priori dans le domaine de l'imaginaire. Des éléments sont troublants, c'est vrai. Mais je crois qu'il faut tenir compte, dans cette région des Pyrénées, d'une tradition orale multimillénaire. Il serait tout de même étonnant qu'un homme sauvage ait survécu sans laisser de traces. »
Chercheur au laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture (CNRS), Pierre Lagrange étudie la passionnante controverse qui oppose les défenseurs des récits et les représentants de la rationalité. « La science n'a pas réponse à tout en dehors de ses niches de connaissances », observe-t-il.
« En l'absence d'élément concret, elle n'a pendant longtemps donné aucun crédit à l'existence de calmars géants ou de vagues monstrueuses. Même chose avec la découverte d'un grand chimpanzé de la taille d'un gorille qui était pourtant à l'origine de légendes en Afrique. La cryptozoologie ne parvient à stabiliser aucun fait mais pose de bonnes questions. » Neandertal. Dans ce contexte, la polémique de l'homme de Flores ne fera certainement pas d'émules dans les estives pyrénéennes. À l'Institut de préhistoire et de géologie du quaternaire de Bordeaux 1, Jean- Guillaume Bordes préfère déployer d'autres moyens pour nous faire rêver. Contrairement à ce qui est souvent enseigné, il démontre en effet qu'il n'y a pas eu de rupture fondamentale entre Neandertal et l'homme moderne.
« Depuis quelques mois seulement, les paléogénéticiens ne sont pas loin de penser qu'il y a eu interfécondité entre les deux, explique-t-il. Alors, il faut s'attendre à tout. Pour moi, c'est sûr, notre base culturelle est liée à Neandertal, dont l'infériorité n'est plus du tout évidente. »
Un dogme s'écroule. Mais c'est une autre histoire.

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05 août 2008

Journal Sud-Ouest du 5 Août 2008

CINÉMA.

--Marc Large, Peïo Serbielle et Patrick de Villemandy viennent de terminer un film « Xan naiz ni », une ode à la nature pyrénéenne, à ses légendes

Il était une fois, Xan… 

Didier Piganeau

Inutile d'accumuler les superlatifs. Ce film est tout simplement beau. Le dessinateur et auteur Marc Large, le chanteur basque Peïo Serbielle et le cinéaste Patrice de Villemandy ont associé leurs talents pour réaliser ce court-métrage de 26 minutes, intitulé en basque « Xan naiz ni » (ce qui se traduit par « Je suis Jean ») inspiré par le roman de Marc Large « Xan de l'ours » (Cairn édition).
Le sous-titre du film « Voyage en terre sauvage » en dit plus sur le contenu. Les trois compères nous promènent dans les paysages envoûtants des Pyrénées du Pays basque, de la Soule et du Béarn. Autrement dit, au pays de l'ours, de ses légendes, de sa mythologie, de ses fantasmes.
À l'origine donc était le livre de Marc. « Xan de l'ours » raconte cette légende du XVIIIe siècle. - au fait est-ce une légende ? - de l'union d'une villageoise avec un ours. De ces amours coupables, naquit un enfant mi-homme mi-bête, enfant sauvage nommé Xan, vivant dans la forêt et qui, dit-on, défraya la chronique… Jusqu'à Paris. La rencontre de Marc Large et de Peïo Serbielle, quelque temps après la sortie du livre, a été l'étincelle qui a provoqué le film. Peïo a été séduit par l'histoire et par les textes de Marc, Marc a immédiatement cerné l'esprit poétique de Peïo.
« Il ne s'agit pas d'une transposition du roman, mais nous avons voulu nous imprégner de l'atmosphère de Xan, de l'ours, de ces paysages fantastiques, de cette nature envoûtante », explique Peïo Serbielle.


Iraty, Ossau, Sainte-Engrâce… Qui est déjà allé flâner dans les bois du côté de Sainte-Engrâce, s'est promené sur le chemin qui surplombe les grottes d'Holzarte ou a marché sur les flancs du pic du Midi d'Ossau se sentira vite pris par les images de Patrice de Villemandy, les textes de Marc Large dits par Peïo, par les chansons de ce même Peïo.

Ici, les cascades ne chantent pas comme ailleurs, les branches des arbres semblent animées par la respiration d'un géant, les rochers se confondent avec le bois et les souches ont parfois des allures de soleils sombres…
« Xan naiz ni » montre de superbes images des grottes de Sare et Zugarramurdi, du Pas de Roland à Ixtassou des cromlechs d'Iraty, des gorges de Kakueta, de la caverne d'Harpéa, ancienne tanière d'ours, des levers de soleil dans les brumes du côté d'Artzamendi, du célèbre chemin de la Mâture à Urdos. Au total, une vingtaine de lieux soigneusement choisis par Marc, Peïo et Patrice. Mais « Xan naiz ni » n'est pas seulement un témoignage sur la vie dans les Pyrénées, c'est une ode aux légendes, un hommage à ses habitants à la nature, à la puissance de la montagne, avec en filigrane la présence de l'ours, animal mythique.
Ce film est destiné à être projeté dans des lieux chargés d'histoire ou de symboles comme les grottes d'Isturitz dernièrement. « On le proposera dans les salons du livre, les centres culturels, aux chaînes de télévisons », indique Marc Large. Il sera présenté le 13 août sur écran géant dans le cadre de la feria, et on le verra prochainement à Saint-Paul-lès-Dax.

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29 juillet 2008

Rendez-vous à Anglet, le 1er Août

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24 juillet 2008

Journal du Pays Basque, 24 07 08

L'ours de Xan sort de sa caverne

24/07/2008

L'Espace Culturel Isturitz Oxocelhaya n'a pas oublié que l'ours a vécu sur ce site et occupé les grottes en alternance avec l'homme, comme en témoignent vestiges archéologiques ou griffures sur les parois. C'est dans cette optique qu'il propose samedi la projection du documentaire inédit Xan naiz ni.

Marc Large est écrivain et auteur de bandes dessinées, et vient de publier aux éditions du Cairn le livre Xan de l'Ours (cf. JPB du 24 avril). Peio Serbielle est chanteur et compositeur. Son dernier album paru a pour titre Naiz. Avec le cinéaste Patrice de Villemandy ils présentent une création commune : Xan naiz ni. Le documentaire est une fresque sauvage avec des paysages fantastiques du Pays Basque et des Landes... Le film, d'une durée de 26 minutes, est accompagné de textes de Xan de L'Ours et de la musique de Peio Serbielle.

La projection aura lieu sous les étoiles et sur l'esplanade des grottes. Elle sera suivie d'une rencontre avec les deux auteurs : regard croisé de deux artistes contemporains sur leur propre travail et les références culturelles qui les nourrissent.

Dans cette rencontre, une volonté double : décloisonner les arts «qui s'enrichissent toujours lorsqu'ils se parlent», et amener cette rencontre dans des lieux les plus divers, comme ici sur le site des Grottes d'Isturitz et Oxocelhaya. Ils dédicaceront leurs ouvrages respectifs.

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25 juin 2008

Un hasard objectif des coïncidences ?

Aujourd'hui, l'ours revient en Haute Soule, sur les pas de Xan de l'Ours, au dessus de Kakueta et d'Ehüjarre, entre Uhuinsaria et Larregorry, exactement à l'endroit où se situe l'intrigue du roman.

Ce matin, le journal Sud-Ouest titre que "l'Ours y aurait tué deux brebis". Un article de Marcel Bedaxagar que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de notre conférence sur l'Ours à Mauléon.

Je suis ému à la pensée que l'ours revient cette année dans ces lieux que j'ai tant étudié pour écrire "Xan de l'Ours".

Le plus étrange étant que mon ami Gilles Kerlorc'h et moi avons passé ces derniers jours là-bas, une toile de tente accrochée à la montagne, à la lisière de la sombre forêt. Et l'ours était là.

Nous marchions sur les pas de Daubenton et Maiana. Mais aussi sur les traces plus fraîches... de l'ours et sans le savoir. (Le titre de ce message, "Un hasard objectif des coïncidences ?", est une phrase de Christian Bernadac).

Quelques images de cette expédition :

campement

gilles

gouffre

grotte

paysage

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17 juin 2008

L'homme sauvage est là !

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Demain, sur France Bleue Gascogne, écoutez l'émission "J'irai chez vous" :

http://players.tv-radio.com/radiofrance/playerfrancebleu.php?tag=france_bleu_gascogne_mp3

Mercredi 18 et dimanche 22 : 9h30 et 14h30

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12 juin 2008

Réédition de XAN DE L'OURS

Après une relecture, "Xan de l'Ours" est réédité en juin 2008

Pour le commander, cliquez ici

montagexan

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